CRDC

crdc

actilait

Pathologie, santé animale (suite)

 

 

Diagnostic ante-mortem de l’adénocarcinome enzootique des sinus chez la chèvre

L’adénocarcinome enzootique des sinus est une rhinite cancéreuse contagieuse peu fréquente affectant les chèvres et les moutons. Cette maladie est due à un rétrovirus oncogène, l’ENTV (Enzootic Nasal Tumor Virus). Elle se transmet horizontalement et peut évoluer dans le troupeau sous une forme sporadique avec un à cinq cas par an ou sous une forme « pseudo-enzootique » dans laquelle jusqu’à 30% de l’effectif peut être touché, occasionnant dès lors un problème sanitaire et économique important. Les premiers animaux atteints sont âgés de trois ou quatre ans (très souvent les plus fortes productrices), puis la maladie s’étend aux primipares après un délai de deux à trois ans. Les symptômes se traduisent initialement par un écoulement nasal clair intermittent, puis permanent  et de plus en plus abondant. Les cavités nasales s’obstruent au fur et à mesure du développement tumoral et les animaux présentent une gène respiratoire, ce qui les contraint à respirer par la bouche. En phase terminale, la masse tumorale entraîne des déformations importantes de la face avec une destruction des structures osseuses. Les animaux maigrissent et meurent en quelques semaines.
L’adénocarcinome enzootique nasal survient toujours après l’introduction d’un animal porteur inapparent, très souvent un mâle. La détection des animaux en incubation apparaît donc déterminante pour la prévention et le contrôle de la maladie. Il n’existe pas de diagnostic préclinique fiable et le contrôle de la maladie repose exclusivement sur la réforme des animaux symptomatiques. L’absence apparente de réponse immunitaire ne permet pas à ce jour de recourir à des méthodes sérologiques pour la détection d’anticorps spécifiques. En revanche, alors que l’infection semble strictement associée aux cellules tumorales de la muqueuse nasale chez le mouton, la présence de cellules infectées dans le sang périphérique chez certaines chèvres atteintes laisse entrevoir une application potentielle de la technique PCR pour un diagnostic plus précoce.
La faisabilité d’une approche PCR pour le diagnostic ante-mortem de l’adénocarcinome enzootique nasal chez la chèvre a fait l’objet d’une thèse vétérinaire en 2008 à l’Afssa Niort. Des lavages nasaux et des prélèvements sanguins ont été réalisés sur 111 animaux dont 6 cliniquement atteints, provenant de trois élevages distincts (Deux-Sèvres, Gers et Indre). En l’absence de donnée génétique sur les virus ENTV caprins, les tests PCR ont été élaborés sur la base de séquences ENTV ovines ou de celles d’un autre rétrovirus oncogène étroitement apparenté, le JSRV (Jaagsiekte Sheep Retrovirus), responsable d’un adénocarcinome pulmonaire chez les petits ruminants. Des positivités ont été obtenues avec le test PCR basé sur les séquences JRSV dans 2 des 3 élevages étudiés, révélant ainsi non seulement une divergence entre les souches ENTV caprines et ovines mais également une hétérogénéité au sein des virus caprins. Dans les 2 élevages positifs, 100% des animaux ayant développés la maladie et une fraction des animaux asymptomatiques ont été détectés par PCR à partir des lavages nasaux et/ou des échantillons de sang. Ces résultats démontrent que ces deux fluides biologiques pourraient être exploités en diagnostic moléculaire pour la détection des chèvres en phase préclinique d’adénocarcinome enzootique nasal. La détermination des séquences des produits PCR obtenus dans cette étude permettra également de rendre les tests PCR plus spécifiques des souches ENTV caprines françaises.

 

S. Valas (L'égide 56, sept 2009)

logoPrésentation du CRDC | Actilait| Nous contacter | ©2010 Centre de Ressources et de Documentation Caprine,Actilait | La base de données | La documentation caprine |